Dur dur d’être un élu !

En feuilletant le Velauxien n°68 d’Octobre 2017, nous avons été quelque peu étonnés de certains propos tenus par l’équipe de l’association Velaux d’abord, branche politique de notre maire, dans leur chronique mensuelle.

En effet, on y apprend que certains élus de la majorité semblent considérer que leur engagement municipal n’est pas une sinécure, et qu’il se fait « au détriment de leur vie personnelle ».
Comme il est rappelé dans leur texte « être élu n’est pas un métier », c’est un choix personnel que de s’engager sur une liste et de proposer ses services à un maire, moyennant toutefois une rétribution, et en toute connaissance de cause, nous semble t-il ! De ce fait, nos pensées vont aux nombreux bénévoles qui, au sein des associations, ont surement plus œuvré pour la ville que certains de ces élus qui ne se déplacent pas forcement aux différentes manifestations, ni même aux conseils municipaux.

On lit également dans cette chronique que c’est suite à des opportunités professionnelles (et non pour l’amour du village comme on aurait pu naïvement le supposer) qu’ils se sont installés à Velaux. Mais leur remarque acide « et non l’héritage d’un patrimoine foncier » questionne :
Pourquoi attaquer ainsi les héritiers des plus vieilles familles de Velaux ? Elles ont certes un héritage foncier, mais y a t-il une honte à être les descendants de ceux qui ont repeuplé le village par le passé et lui ont permis d’être ce qu’il est à présent ? Être propriétaire terrien doit-il être un fardeau?

C’est ce que semble sous-entendre l’équipe de Velaux d’Abord par ces mots méprisants. Or, 80 % des terres de la commune (colline, terres agricoles, friches, etc) appartiennent à des propriétaires privés (c’est pratiquement le même pourcentage pour toute la France) et chacun les utilise régulièrement avec plaisir, sans autorisation ni contraintes !
D’ailleurs il est utile de rappeler que même les rives de l’arc sont privées, et que si la mairie veut que le projet intercommunal de trame verte le long de la rivière, dont elle se vante (le Velauxien n°57 d’octobre 2016) se réalise, il faudra bien compter sur l’aide et la coopération de ces propriétaires !

L’équipe se félicite ensuite de : « L’impartialité de nos orientations urbanistiques ».
Depuis 40 ans nous avons le même maire.
Depuis 40 ans ce maire attribue les permis de construire sur le plan d’occupation des sols qu’il a lui-même crée et validé.
Depuis 40 ans Mr le maire gère la commune de Velaux à son idée, selon ses projets et son ambition.

La bastide Bertin s’est construite sur une ancienne zone boisée laquelle, ayant brûlé, est devenue constructible (!). Pour les anciens, c’était un lieu de chasse et de loisir extraordinaire qui disparaissait alors sous les bulldozers et les bétonnières.

Puis, les constructions se sont succédées. Toujours plus de nouveaux lotissements sont sortis de terre, un peu partout, au gré des ventes des propriétaires qui se sont fait harceler pour qu’ils acceptent de laisser leur patrimoine à des promoteurs avides, soutenus par la mairie qui souhaitait faire grandir Velaux à un rythme effréné.
Au passage, cette même mairie faisait main basse sur quelques uns de nos plus beaux bâtiments (le Château des quatre Tours, la Bastide Lopez, la Bastide Bertin, la Bressarelle…) car monsieur le maire connaissait l’importance de posséder du patrimoine terrien ! Et voilà que Velaux d’Abord accuse les propriétaires d’être « préoccupé (es) par l’appât du gain » ! Quelle ironie et quelle bassesse !

Résultat : Velaux compte aujourd’hui 9 300 habitants, contre environ 2 600 en 1977 quand Mr le maire a été élu pour la première fois.
Pour comparaison :

1975 1999 2013
La Fare 3 526 6 334 8 119
Coudoux 1 042 2 869 3 582
Ventabren 1 537 4 552 4 985
Eguilles 3 033 7 127 7 737
Velaux 2 619 7 603 9 110

Sources : INSEE, Recensement de la population

De tous ces villages voisins, Velaux est la commune qui a connu la plus forte croissance démographique au cours de ces dernières années.

Pourtant, la majorité se targue aujourd’hui de l’impartialité de ses orientations urbanistiques. Voyons :
Lorsqu’un « héritier foncier de Velaux» a voulu soumettre un projet de 75 habitations à « l’impartialité » de la mairie, celle-ci a refusé, invoquant « la protection des riverains » et une « urbanisation mesurée » (voir la réponse de Mr le maire). Cependant, la mairie a ensuite proposé d’acheter ce même terrain, voyant là un bon coup à faire. A la suite du refus, logique, du propriétaire, un procès a été intenté et perdu par la mairie.
La mairie a finalement acquis le terrain, au prix imposé par les domaines, grâce à l’aide de l’EPF (l’Établissement Public Foncier).
Et, quelques temps plus tard, nous apprenons l’existence d’un projet final de… 140 logements sortis du chapeau de Mr le maire. Présentation en grande pompe, explications et congratulations autour de petits fours. La population et les riverains, abasourdis, sont tout juste bons, malgré l’absence de consultation et de concertation, à approuver et à féliciter les fiers promoteurs. Oubliés l’urbanisation mesurée et le bien-être des riverains, qui étaient pourtant les arguments de choc pour retoquer le projet de l’ancien propriétaire !
Nous avions, à l’époque, assisté à la réunion et publié un article sur le sujet.

De même, il y avait en plein cœur du village une vieille bâtisse du 16e siècle, en mauvais état, certes, mais qu’un projet immobilier sérieux promettait de transformer en logements de standing dans un cadre magnifique. Préemption de la mairie, procès perdu condamnant la ville à payer le juste prix (encore une fois !) au propriétaire.
Résultat : destruction de ce patrimoine et création de 8 places de parking.
Coût : 500 000 €.

On notera également que l’équipe municipale dit vouloir absolument « préserver le caractère villageois de Velaux ». Mais c’est bien elle qui a été à l’origine d’un projet titanesque de construction d’un lycée sur la commune !
Un projet d’une telle envergure était complètement aberrant pour un « village » !
Pour ce flop retentissant, la commune (et ses habitants) va payer pendant encore 19 ans les quelques 966 218,96 € qu’a coûté l’achat du terrain pour ce lycée fantôme, pour du vide !

Il est surprenant de constater que les causes essentielles de nos maux sont, d’après Velaux d’Abord, de nature budgétaire directement liées aux « subventions et dotations » (en baisse).
De notre côté cependant, nous constatons qu’aucun projet de développement communal permettant une rentrée d’argent n’a jamais émergé.
Hors subventions, rien n’est prévu : aucune idée, aucun projet pour essayer de renflouer les caisses vides de la commune. Seule une étude (à 60 000 €) sur l’aménagement du pourtour de la place Caire est actuellement engagée. Quelles en seront les conclusions et les débouchés ? Nous serons curieux de le savoir.

Peut-on imaginer un jour que les aides disparaissent ? Il n’est pas sûr alors que le montant des taxes locales retiennent à Velaux ceux qui y sont venus pour ces « raisons professionnelles » et qui donc n’y ont que peu d’attaches !

Pourtant, des solutions sont là. Il suffit d’être curieux, attentif et intéressé par les nouvelles orientations proposées. Les outils existent pour aider les élus à se diversifier et à innover.

La majorité veut faire croire à son dynamisme en énumérant ses réussites, mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Tous les projets en cours montrent surtout un manque d’anticipation plus ancien, qui fait qu’aujourd’hui tout devient urgent. Et forcement on ne peut plus tout financer, que ce soit les logements, la circulation et les chaussées, la sécurité etc… On fait donc l’urgent, le social et l’entretien, comme il se doit, car on n’a pas le choix :

  • L’école Jean Giono (enfin réhabilitée, mais dans le plus pur style Savoyard !)
  • Les crèches dans des algécos de luxe, pour un coût d’environ 230 000 € (comment vont-ils vieillir ?)
  • La rénovation du chauffage du gymnase Albert Camus
  • La voirie (quoique !)
  • On réinvente les jardins partagés… qui datent du 19e siècle ! Et qui fleurissent depuis des années partout dans le département ! Alors que « L’oliveraie des familles » avait complètement été laissée à l’abandon depuis des années, on récupère en catimini le terrain pour les jardins !

Dans ce pamphlet, il est demandé aux Velauxiens leur aide pour faire un « inventaire des possibles ». Il était temps de demander quelque chose aux Velauxiens !
En effet, nous avons constaté depuis notre élection que :
– les habitants ne sont pas consultés pour les grands projets communaux (création de la zone PAEN par exemple).
– la majorité des enquêtes publiques sont faites dans un temps minima et en semaine, quand les gens travaillent.
– les réunions publiques sont inexistantes malgré notre belle salle de spectacle.

Bien d’autres projets ne pourront pas se faire sans l’aide de tous les Velauxiens et en particulier celle des « héritiers » terriens tellement dénigrés. Mais segmenter la population de Velaux en sous-entendant un vil appât du gain pour ces derniers, c’est offenser tous les élus, de la majorité comme de l’opposition.
C’est courir le risque de stagnation des projets en provoquant des conflits inutiles et stériles.

Nous trouvons regrettable que des élus de la majorité en place expriment un ressenti personnel, ou une jalousie envers certains de nos concitoyens, mais nous ne sommes pas surpris par cette attaque qui sommeillait depuis longtemps. Par contre, le faire par la voie d’une association politique, et à travers un média financé par l’argent public démontre une faiblesse d’argumentation face à la difficulté à tenir les promesses de campagne. Il était nécessaire de réagir face à ce procédé choquant, nous l’avons fait.

9 réflexions au sujet de « Dur dur d’être un élu ! »

  1. Je me réjouis qu’une opposition se manifeste enfin. Il était grand temps ! Quand je lis que des élus exercent leur engagement au détriment de leur vie personnelle, ce n’est pas sérieux, c’est même risible ; beaucoup ne font rien ou plus rien, et d’autres par intérêt personnel ! Et pour bien connaître le tissu associatif, je partage l’analyse de Velaux en Avant.

  2. Bonjour , cela fait 9 ans que nous sommes installés sur Velaux et dès la première année j’ai ressenti cette pratique monopolistique . Merci de porter ses idées aux grand public en espérant que vous soyez entendus . Perso je ne me suis jamais engagée même si l’idée y était car je sais ce que cela implique (ancienne présidente d’asso fcpe) . Celui qui s’engage est une personne volontaire donc il sait pourquoi il doit le faire et comment, tout en sachant aussi gérer sa vie . Si il en est pas capable alors pourquoi avoir pris le poste ? (si ce n’est pour l’argent pour certains ? )

  3. Je suis un des élus de l’équipe majoritaire de Velaux.
    Après la lecture de vos réflexions sur l’équipe municipale, j’ai souhaité y ajouter mon commentaire car comme dit le proverbe « qui ne dit rien consent » moi je veux dire.
    Je veux dire simplement que comme beaucoup de mes collègues nous sommes issus du monde associatif.
    En ce qui me concerne, cela fait plus de trente ans que je pratique le bénévolat et ce n’est pas mon engagement municipal qui aura changé ma philosophie.
    Je suis très clair avec moi-même. Je n’ai jamais agit pour répondre à mes besoins mais à ceux des autres. Ça fait plus de quarante ans que j’habite Velaux et même si mes ancêtres n’ont pas foulé le sol de ce village, je me le suis approprié et je l’aime.
    Quant au mépris, moi je le vois surtout dans votre manière de commenter les réalisations. Vous méprisez tout. A vous lire, en 40 ans, rien de positif n’a été fait sur la commune.
    Je fais parti de cette équipe municipale avec laquelle j’essaie de remplir au mieux la mission qui m’a été confiée. Je n’ai aucun ressenti ni jalousie envers qui conque, comme vous l’écrivez.
    Bien vivre à Velaux, bien vivre ensemble.
    « Dans vingt ans vous serez plus déçus par les choses que vous n’avez pas faites que par celles que vous avez faites » Mark Twain

    1. Bonjour,
      Notre article a été écrit en réponse aux attaques de Velaux d’Abord.
      Notre réaction est proportionnelle aux certitudes du groupe majoritaire, et non aux actions individuelles.
      Et comme le disait Coluche:
      « C’est pas compliqué, en politique il suffit d’avoir une bonne conscience, et pour çà il faut avoir une mauvaise mémoire. »

  4. Pourquoi dénigrer les jardins partagés ?
    C’est un initiative associative qui permet de faire vivre la partie de l’oliveraie des familles laissée à l’abandon (L’autre partie est d’ailleurs toujours utilisée par les usagers) et qui crée du lien social. Il est sain et légitime qu’il y ait une opposition, mais attention aux balles perdues…

    1. Bonsoir,
      Loin de nous l’idée de dénigrer les jardins partagés ! Au contraire, nous pensons qu’il s’agit là d’une excellente initiative, qui devrait redonner vie à un lieu laissé à l’abandon pendant des années.
      Nous évoquions juste le fait que ce n’est pas un idée neuve et que çela existe dans d’autres communes depuis bien longtemps.

  5. Je tenais à apporter mon témoignage.
    Je ne suis plus Velauxienne depuis bien longtemps.Mais j’y reviens de temps en temps.
    J’ai découvert ce village à 10 ans en 1975 et j’ai adoré. Les gens qui se croisent et se disent bonjour, le caractère authentique d’un petit village provençal amical et chaleureux sont toujours présent dans mon souvenir. Lorsque j’en suis partie 15 ans plus tard, déjà les constructions avaient commencer sans réflexion sur le cadre de vie . De beaux endroits qui ont fait le bonheur de ma jeunesse ont depuis été détruits.
    Les gens ont besoin de se loger, les activités doivent se développer mais dans un environnement agréable qui permet le bien être des habitants. Même si il y a eu de belles réalisations, je suis triste de voir qu’on a défiguré par endroit le coeur du village.

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